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Report du Chelles Battle Pro #2 – L'édition 2013 vue de l'intérieur

Vous étiez normalement déjà au courant, le Chelles Battle Pro s'est déroulé au début de ce mois, Samedi 2 Mars pour être précis. Comme annoncé dans ce premier report, ce sont les Coréens du Jinjo Crew qui ont remporté la compétition maîtresse du 8 contre 8. Pour la treizième édition de cet événement, l'un de nos rédacteurs a pris part à l'organisation du battle, ce qui nous permet donc d'y revenir plus en détail.

Chelles Battle Pro 2013 - Photo : Jefar

La première chose que l'on peut dire sur le Chelles Battle Pro, c'est que l'évènement a fait du chemin depuis 2001. De la première édition dans un gymnase avec 200 spectateurs et des crews uniquement français (Phase T, Wanted Posse, Fantastik Armada...), Chelles s'est, au fil des années, imposé comme l'un des rendez-vous incontournables du breakdance à l'échelle internationale. Il faut dire que la principale caractéristique de ce battle est de perpétuellement se renouveler, que ce soit au niveau de la line-up ou de l'organisation.

Un seul principe reste : celui d'un concept 100% compétition. Ici, quand les danseurs arrivent, pas de show ou de pré-qualification, ils entrent directement dans le vif du sujet avec les quarts de finale (d'où la présence de 8 équipes) jusqu'à la finale.

Pour faire partie de la line-up, 2 modes de sélection existent : la première méthode est de gagner une qualification locale comme c'est fait dans la plupart des évènements de cette ampleur (c'est notamment ce qui est arrivé aux Taïwanais de Double Kill ou aux Ukrainiens d'Eastside Bboys pour le 2 vs 2). La deuxième solution est de se faire inviter par l'organisation.
Ce double procédé a l'avantage de faire cohabiter des noms réputés (Jalen pour le baby-battle ou les Gamblerz) à des révélations comme les kazakhs de Simple System (repérés au R16 de l'année dernière).

Depuis quelques années, le Chelles Battle Pro a également pris pour habitude d'inviter des équipes spécialement constituées pour l'évènement. Rien que cette année, on pouvait rencenser la Dreamteam Venezuela (Salo, P-Flow, Oli etc.), la Team BboyWorld (Morris, Kareem, Saewl...) et l'équipe Ici c'est Paris (Junior, Benji, Lamine...).

Chelles Battle Pro 2013 - Photo : Jefar

Autre singularité mise en place depuis quelques temps, le baby-battle qui est présenté comme l'unique championnat du Monde des plus jeunes danseurs (catégorie moins de 12 ans), et qui nous permet de découvrir quelques pépites, à l'instar de la benjamine de cette édition, Bgirl Terra ou du français Eudes, du crew Chasseurs de Prime.

Pour l'édition 2013, deux nouveautés ont été testées :
- Le groupe Higher (funk/groove) était présent en live pour accompagner les danseurs au moment des finales, en lieu et place des DJs.
- De plus, cette année, chaque catégorie de battle se terminait par l'attribution de 2 prix par le jury : le vainqueur du battle d'une part, et celui qu'ils considéraient comme le « meilleur danseur » de la compétition d'autre part. Prix respectivement remportés par Terra pour le baby-battle, Killa Kolya (Simple System) pour le 2 vs 2 et Bobby (Team Venezuela) pour le 8 vs 8.
Si la première initiative a été saluée par la majorité des gens, le prix du « meilleur danseur » a pu porter à confusion, notamment en ce qui concerne le baby-battle, qui est un battle 1 vs 1.

Ainsi, sur un événement de cette ampleur et dont la forme n'est pas figée, plusieurs points restent bien évidemment à questionner, voire à remettre en cause.

En premier lieu, le Chelles Battle Pro est sujet à beaucoup de tractations. Que ce soit de la part d'assos partenaires (le Just4Rockers, qui organise un cypher de Bgirls pour donner de la visibilité à leur événement organisé le lendemain), des participants au battle (speakers ou danseurs français qui demandent une place dans la line-up) ou bien des financeurs tels que la ville de Chelles. En effet, pour que l'évènement ait des retombées conséquentes sur la ville, le battle ne pourrait être organisé ailleurs qu'au complexe Maurice Bacquet, déjà surrempli, ce qui bloque ainsi le nombre de spectateurs.

Chelles Battle Pro 2013 - Photo : Jefar

Cela pose, du coup, la question de l'organisation de l'espace : une très grande scène centrale, seulement entourée de places assises (pas de fosse). La conséquence est que le public est beaucoup moins réactif, notamment pour le battle 2 vs 2 où les danseurs ont finalement trop d'espace.

Enfin, se pose la question des équipes « faites » pour le battle (Dreamteam Venezuela, Ici c'est Paris...). D'un côté, elles permettent de rassembler des noms impressionnants et du très grand spectacle : une combinaison, par exemple, entre Benji et Junior, alors que ces derniers s'étaient affrontés dans un battle d'anthologie il y a 10 ans !
De l'autre côté, il y a toujours le risque que ces équipes ne soient finalement qu'une succession de nom, sans véritable esprit d'équipe, ni de logique particulière. C'est probablement ce qui a causé la défaite en finale d'Ici c'est Paris, face à un Jinjo Crew uni, qui présentait des combinaisons travaillées.

En conclusion, le Chelles Battle Pro semble n'avoir que quelques améliorations à faire pour être considéré comme l'un des plus gros battles internationaux, à l'instar du BOTY ou du UK Bboy Championships.
Pour avoir discuté de nombreuses fois avec les organisateurs, la seule chose sûre est que l'évènement n'est pas du tout figé. L'objectif serait même de le remodeler dans les années qui viennent, et de voir plus grand en se détachant – éventuellement – de la ville de Chelles pour devenir LE battle qui compte à l'échelle internationale. Affaire à suivre sur les prochaines éditions...

Valentin

Portfolio du Chelles Battle Pro 2013

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Plus de photos du Chelles Battle Pro 2013 sur l'album du photographe Jefar

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