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La Créolité : Ou comment se construire à partir d'un mélange mouvementé et imprévisible

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Le mardi 27 juillet 2010 à 14:45 - 326 vues

Publié par Aude Béliveau

 
Edouard Glissant
Edouard Glissant

Penchons nous sur le concept de "créolité", notion clairement d'actualité, par les mélanges et échanges inhérent au fonctionnement de notre société moderne, qu'Édouard Glissant affirme, défend, développe dans ses écrits, et notamment le cas des Antilles, qui lui est cher, étant né en 1928 à Bezaudin, en Martinique.

Pour résumer cette démarche intellectuelle, lui et d'autres auteurs, tels que Patrick Chamoiseau, Bernabé et Confiant, auteurs de l'ouvrage "Eloge de la créolité", s'attachent à mettre en exergue le fait que plusieurs peuples, tel que le peuple antillais, mais aussi celui d'Amérique du Nord par exemple, sont issus d'un métissage, d'un mélange.

D'un mélange de plusieurs cultures, de plusieurs origines géographiques, de plusieurs langages. La Créolité demeurant un agrégat d'éléments culturels caraïbes, européens, africains, asiatiques et levantins, réunis par l'Histoire sur le même territoire. Cette notion en effraie certains, par vertige et perte de repères, par ce chaos que tout auteur s'y étant penché ne cherche pas à nier. Ce chaos est intériorisé, issu de cette nouvelle approche au monde, dans une perspective cathartique, par la reconstitution d'une Histoire, de souvenirs et de repères jusque là refoulés, par l'universalité créée et imposée par les valeurs occidentales. Les noirs étant sous représentés dans et par la société. La culture antillaise enfouie sous la francisation.

L'apparition de la notion de "nations" et de la colonisation en Europe

Pour expliquer une des causes de ces "états" perceptible chez plusieurs éléments de la communauté noire, il est indispensable d'étudier l'arrivée de la notion de "nations" en Occident, en commençant par l'Europe, qui eurent pour buts d'exalter et de faire adhérer aux personnes en résultant des "valeurs de communauté" qui permettent une cohésion entre tous, et qui deviennent donc des symboles de la collectivité. Mais une des autres caractéristiques de la Nation occidentale, c'est la possibilité d'exporter ces valeurs, notamment par le processus de colonisation.

Ces symboles identitaires que sont les valeurs légitimant ce processus, le valorisant, leur exportation devient ainsi une richesse offerte aux colonisés. Mais ces valeurs, considérées arbitrairement comme légitimes, n'en demeurent pas moins imposées, et quelques fois par la force, dans un déni des colonisés et de leur avis.

Édouard Glissant et Patrick Chamoiseau diront, dans leur essai "Quand les murs tombent - l'identité nationale hors-la-loi", que les nations agissent dans un "impératif identitaire rigide et exclusif". Les nations occidentales ont donc cherché à imposer une condition d'effacement aux communautés dites "minoritaires" face à cette identité présentée comme supérieure, et surtout unique. Ce processus est réellement un processus d'assimilation. En effet, la définition de "s'assimiler" étant "se rendre semblable en perdant ses caractéristiques". C'est en ce sens que les auteurs traitant de la créolité parlent d"aliénation" et de "refoulement".

Les Antilles, un cas particulier de par son multiculturalisme évident et une colonisation idéologique française post-esclavage.


Martinique


Les premiers peuples arrivés aux Antilles ont subit deux chocs culturels :

- leur déterritorialisation et l'abandon de tout ce qui forge une culture tels que la langue, les croyances ou alors même les coutumes,

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