« Urban-Culture Magazine : Les doigts dans la street »


Antonin "Rêveur", l'électron libre dénonciateur !

Rêveur, de son prénom Antonin, est un artiste graffeur autodidacte un peu touche à tout. Graphiste, illustrateur, peintre de rue, il vit et habite Lyon. Né vers la fin des années 70, il découvre les joies de l'encre et du marqueur à la fin des années 80, mais n'a jamais réellement eu une démarche 100% graff ou tag.


Antonin Rêveur


Un mur tombe, un artiste nait.

Après ses premiers essais à user ses marqueurs et vider ses bombes sur les supports de son quotidien, ses débuts sont poussées par la nécessité de laisser un message, une revendication pour faire avancer les choses, un peu, même s'il ne pense pas que ça ait marché....

Les hasards de l'époque font que, petit à petit, le graffiti en tant que discipline avec ses codes, ses valeurs et son esthétique, s'imposent de plus en plus.

Son style et ses lettrages très particuliers en font un artiste à part entière. Très proche du style de certaines fresques Espagnoles mais sans en être, l'artiste confirme lui-même que l'Espagne et Barcelone, principalement, lui a mis une claque. Ça l'a renforcé dans l'idée que la France avait un graffiti vraiment triste à la même époque.

Antonin Rêveur
Photo : N. Sabot ©

De nature plutôt solitaire quand il est question de travail pur et dur, cela ne le dérange pas de se retrouver en petit nombre quand il est question de délires festifs et colorés entre potes.


Rêveur préfère travailler en solo lorsqu'il y a un enjeu fort et un message à faire passer. Les crews ? Très compliqué pour lui : en 20 ans de pratique, trois crews seulement et généralement des passages rapides. Les gens restent dans le cœur, mais le crew prend vite la tête, trop de contraintes, trop réducteur à son sens.

Priorité donc au message et à l'angle d'attaque dans cet espace de liberté qui est le sien.

Antonin Rêveur

Pour cela, tous les supports sont permis : infographie, toiles, véhicules, murs, affiches, corps...

Exposition 'Dérives'

Avec l'expo 'Dérive', il cherche à dénoncer les abus de pouvoir et le joker du tout sécuritaire mis en place par les différents gouvernements pour que l'on puisse, soit disant, dormir tranquille. L'expo parle d'elle-même :

Antonin Rêveur


Exposition 'Monsieur Cailloux'

Autre expo, autre délire. Monsieur Cailloux. On reste dans le frais et le léger, même si un cailloux, forcément, ça pèse...


Antonin Rêveur :: Monsieur Cailloux


L'histoire commence dans un terrain 4 ou 5 ans en arrière, passe par des expos de Land'Art pour atterrir au Maroc et repartir dans les catacombes à panam. Le message est simple, facile et efficace et les influences nombreuses, avec peut-être, un zeste de Space Invader. Mais Rêveur n'est pas trop fanas des séries et des histoires qui durent trop. Il a peut être peur de s'enfoncer dans un domaine. Pas de contraintes, pas de rigueur, juste le plaisir si possible.

"Okay on laisse une trace, mais on a une vie à coté", souligne l'artiste.

En Espagne, grâce à un contact pris en Suisse, une expo attire son attention. Un art center qui souhaitait mettre en place une expo sur le thème de la liberté, non pas dans une galerie, mais en prison, avec ouverture de celle-ci aux personnes incarcérés et libres. Là, de suite, on s'aperçoit que les espagnols n'ont pas la même culture carcérale. Mélange des peines, prison mixte. Rien à voir avec la France.

Antonin Rêveur :: Prison Pereiro de Aguiar en Espagne

Comme cette expo correspondait bien à ses thématiques de boulot, il participe à l'aventure. Un mur dispo mais des horaires fixes de 10h à 13h et de 16h à 19h.

Résultat : un peu la misère au niveau des contraintes horaires. Ne pas pouvoir s'attarder comme on veut sur sa peinture ça peut rendre ouf, mais au final l'artiste n'est pas mécontent de son taff. Il y aura au moins un évadé de cette prison :

Antonin Rêveur :: Prison Pereiro de Aguiar en Espagne

Électron libre utilisant son travail pour dénoncer la violence sociale, ses lettrages colorés et parfois dégueulasses sont là pour le rappeler.

Texte: Foucheriq Axel

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"Le graffiti est sans aucun doute un hymne de liberté, et Antonin Rêveur n'est pas une exception", Maria Guida Loureiro.

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