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Ebouelle [Art] Contest 7 - C'est "Les Gets" mais ça envoie du lourd !

C'est la phrase que l'on retiendra de cette septième édition de l'Ebouelle Contest et de la deuxième édition de son petit frère : l'Ebouelle Art Contest. Du lourd tant au niveau des riders et des collectifs d'artistes venus envahir la station que du côté de l'organisation. Helmutt avait annoncé haut et fort son retour... il a tenu sa promesse !

Pour sa deuxième édition, le contest artistique de l'Ebouelle a accueilli six collectifs : Medlakolor, International Gangsta Serge, Les Autres, Yote Pression, Artefakt et le Poulaié Crew ! Une certitude : le niveau était très élevé cette année et le jury d'Urban-Culture a eu toutes les peines du monde à départager les protagonistes ! L'esprit d'Ebouelle a littéralement envahi la rue du centre. Martial, Helmutt, les chevaliers de l'esprit d'Ebouelle... le brief a été parfaitement respecté et la créativité était au rendez-vous avec de très beaux clins d'oeil au teaser ! Petit rafraîchissement de mémoire :

Les interprétations étaient variées mais l'esprit intact ! Au final, Medlakolor s'est imposé de justesse devant Yote Pression et Artefakt ! Le crew repart donc avec 2000 euros de prize money tandis que tous les collectifs ont été récompensé de lots GB73, Globe, NST, Giro ! 

Retour sur cette deuxième édition !

Vendredi - Arrivée du jury

8h45, départ de Grenoble. Dur. La veille n'a pas était de tout repos pour certains. L'estomac en vrac mais l'excitation d'une perspective de bon week-end en vue fait vite oublier les petits déboires. On se brief vite faff, Besss, Axel Contest et moi-même. Ça commence déjà à déconner dans la caisse, et une fois passé Annecy, on se dit que ce serait bien de checker la route pour se rendre aux Gets. Après un petit détour par la frontière suisse (non pas la weed), un appel à un ami (Charles Bergoend, pour l'organisation), et quelques drifts devant l'église des Gets, on arrive pile-poil pour la bouffe : 11h50.

14h

Après une rapide discussion d'usage et de présentation avec Charles et Maxime Bergoend, on nous emmène faire un tour dans la rue du centre. C'est là que ça se passe. Les collectifs d'artistes sont installés à la bien tout le long de la rue principale, à côté des commercants bien ravis d'avoir un peu d'animation sortant de l'ordinaire.

Premier collectif rencontré : Les Autres. Principalement composé de graphistes et d'illustrateurs, ils se sont spécialement formé pour l'Ebouelle Art Contest. C'est leur première participation. Partis sur un délire bien graphique et coloré nous les laissons tranquille après les checks d'usage.  En apprenant par la suite que certains n'avaient presque jamais touché une bombe de peinture, ça force le respect.


Deuxième collectif ou plutôt crew : Le Poulaié Crew. Déjà présent l'année dernière, ils partent avec un avantage non négligeable : la maîtrise du temps. Comme tous ceux présent à la précédente édition. Pour cette année, les petits gars partent sur une fresque dans les tons gris avec un perso, un lettrage coloré au scotch pour trancher.

200 mètres plus loin nous retrouvons le collectif Artefakt en plein montage de leur temple Maya ! Installé à la cool avec platines vinyle, nous les laissons avancer tranquillement.

Direction le Sud, avec les marseillais de l'IGS : International Gangsta Serge.

L'accueil est à la hauteur de nos espérances, à peine arrivé que le pastis coule à flot. Re-check d'usage, présentation mutuelle. Petite clope au soleil sur un banc de leur stand, on tape la discute. [...] Bonnes vibes et esprit latinos. Ça fait plaisir à voir.

On abandonne "Mr. Cartoon" et sa clique car Maxime nous invite à continuer la visite avant que nous soyons définitivement calé pour l'après-midi.

La suite, ça se passe avec Medlakolor. Et là, grosse claque d'entrée. Les gars ont déjà super bien avancé leur fresque sur un air de GTA. Comme d'hab, ils ont vu grand, graaaand. On retrouve déjà tous les protagoniste du teaser sur lequels doivent se baser les crews : la soeurette de Martial le Bûcheron en mode biaatch, Helmutt le renard en mode énervé ! C'est bien un renard ! [...] Petit détail qui tue : l'immense rappel à la confrérie des chevaliers de l'Esprit d'Ebouelle avec l(e clin d)'oeil des Illuminatis au sommet de la fresque. Mon petit doigt me dit qu'ils ne l'ont pas peint au hasard. Bref du bon boulot.

Un peu plus loin, les challengers s'activent aussi. Yote Pression met la pression. Ils partent sur la construction d'une immense structure visible limite du front de neige. On sent que cette année va être difficile pour le jury.

En plus de la structure sur-fat, la fresque n'a rien à envier aux autres collectifs. Un renard travaillé façon "Chat Botté" surplombant un espace vide... Qu'est-ce qu'ils peuvent bien nous mijoter ?

D'autant plus qu'en faisant la rencontre de Pancarte Man, déjà croisé au repas du midi, on se dit que si les autres membres du crew sont aussi allumés que lui, ça va donner : un gars torse-poil avec une bâche Haute-Savoie et un collier Fisterz qui hurle dans un mégaphone, ça ne passe pas inaperçu ! On sent que l'on va bien se marrer...

Le reste de l'après-midi, c'est chill entre le contest artistique et le village du front de neige où se passe les qualif pour la jib session et le perfect jump. Pas mal de chica, de riders et une bonne ambiance. Dj Hell.B envoie du steak aux platines ! Le soleil et la bonne humeur font le reste.


Check ton booty : Igloo Igloo Igloo !

Après un rapide aller-retour à notre chambre, une dindiflette (tu remplaces le jamón par une escalope de dinde) dans l'estomac, direction les bars pour ressentir l'Esprit d'Ebouelle. On commence en mode tranquillou à l'Irish Pub avec les Marseillais et Medlakolor. Un rapide passage au Zebra avec un membre de Yote Pression et nous voilà en place à l'Igloo. Seule boite de la station. Ambiance riders et groupies blondes imbibées. Malgré la moyenne d'âge assez basse, on passe une bonne soirée. On sent que les filles sont là pour pécho un casse-croute pour la nuit. Ça va finir en gang-bang si ça continue. On croise quelques gars d'Artefakt et de Yote au milieu des riders. La plupart des artistes sont en mode off pour être en forme le lendemain. 5h, imbibé d'alcool comme une lampe à pétrole, direction la piaule, dodo. Spécial non-dédicace au dj qui nous a massacré les Bad Boys de Marseille et d'autres morceaux cultes.

Samedi - 8h30

Ouch !! le réveil est violent. Petit dèj pour se remettre d'aplomb. Direction la rue du centre. On sent que la soirée a été pas mal rude pour certain. Jusqu'à 4 nuits blanches pour les plus coriaces. Tout le monde se demande si Pancarte Man aura toujours autant la pèche. Hélas oui ! On le retrouve en train d'hurler dans son mégaphone avec toujours autant la même motivation que la veille. Je veux la même chose que lui ! Les crews se remettent au boulot. Nous aussi. On filme quelques rushs, on fait le tour des fresques pour voir l'avancement. À midi, je commence à être raide. Les traquenards tendus par l'IGS et je-ne-sais-plus-qui commencent à monter au cerveau. 

13h - Check up

Charles nous appelle pour faire un rapide check-up. Les crews avancent bien, on commence déjà à avoir une idée rapide du podium à la vue des réalisations. Mais la scénographie peut tout changer. (C'est ce qui va arriver.)

Au coup de coeur, le collectif Les Autres avec leur fresque multicolore et aux finitions de fous était en bonne position pour gagner cette année. Suivi de près par les marseillais avec leur esprit originel qui fait plaisir : un lettrage et un perso. Simple mais efficace. Et Medlakolor en mode 100% graffiti.

Côté taff de fou, les Yote Pression en impose avec leur perso géant en 3D.

Côté éclectique et mystique, Artefakt et leur temple Maya interpelle. 

Côté originalité, Poulaié crew est en bonne place aussi avec leur détournement de thème. Carrément à l'envers d'ailleurs.

Là, on sent que finalement ça va être la merde à juger...

On part sur une grille comme l'année précédente avec 5 nouveaux critères de jugement : Originalité, Esthétisme, Respect du thème, Scénographie et Finitions/Techniques. Comme ça, pas de place au coup de coeur et au ressenti, selon les affinités nouées sur place.

Même avec cette foutue grille, lors d'une première simulation de classement et sans prendre en compte la scénographie, on est face à un fait. Cela va être serré. Les trois premières places se jouent dans un mouchoir de poche. Avec des différences de seulement 0.5 point sur 60 !

Cette fois c'est sûr, la scénographie va tout remettre en question.

16h00 - Hommage à Antoine Montant et début des scénographies

Passage rapide par le front de neige pour faire quelques rushs de la compétition de jib et du perfect jump. On en profite pour assister à l'hommage rendu à Antoine Montant, fils de la région décédé récemment lors d'un saut en base jump. Session émotion. La dame qui nous héberge connaît très bien la famille.


16h30 - Le dernier jugement

Après quelques bières glanées sur la route, une bonne grosse demi-heure à la bourre, direction les fresques pour le verdict finale. C'est parti pour les grosses claques.

Le collectif Les Autres est parti sur une scénographie représentant l'adoration d'Helmutt. Avec une ambiance générale montagnarde revisitée à leur sauce. En mode 100% graphique. On vous laisse admirer le rendu.

Bonus, ils se sont joués du logo de l'Ebouelle qui à la base et celui de la boisson Jägermeister détourné par les organisateurs. Le cerf ayant était remplacé par un renard, ils ont "illustré" la victoire d'Helmutt sur le cerf avec les branchages bleus en forme de bois (de cerf). Le détail qui tue : les copeaux de bois disposés au sol suivaient parfaitement l'ombrage des branches. Le crew était un poil stressé face à notre retard. Eh ouais, le soleil commençait à se coucher et du coup le trip de l'ombre avec lui. R.I.H. Rest In Hel(mutt).


Poulaié Crew, nous accueille sur un fond sonore de Cypress Hill, I Wanna Get High pour nous mettre directement dans le bain. Ils ont tout simplement retourné le thème du contest. Leur interprétation : l'Esprit d'Ebouelle n'est en fait qu'un rêve de Martial sous alcool. Un peu comme à la manière des riders qui se motivent avec des bières, le secret de l'Esprit d'Ebouelle et de la glisse réside dans la tise ! Helmutt le renard serait juste sur un autre plan astral en tant qu'observateur... Les vapeurs des bombes sont impénétrables ! Belle réalisation, on sent le côté vandal. Ça promet pour la suite.


Artefakt, quant à eux, nous ont réservé une surprise auquelle on ne s'attendait pas. Dj aux platines pour notre arrivée. Ambiance. La scénographie démarre. Pour que Martial retrouve l'Esprit d'Ebouelle et accède au temple des chevaliers de l'Esprit d'Ebouelle, il doit d'abord passer une épreuve est boire la boisson divine qui lui donnera la clé pour accéder au temple.

Une fois celle-ci acquise, les portes s'ouvriront...

"On s'attendait un peu à voir du feu ou de la fumée sortir mais le coup de l'activation au moment de la pose de la clé et la musique d'ambiance dispensé par le dj nous a bluffé !"

C'est bon les gars vous pouvez arrêter de fumer derrière... Gardez-en pour ce soir.

Là, à partir de ce moment, on se dit que le critère de la scénographie, va tout chambouler.

Les marseillais de l'International Gangsta Serge nous accueillent chaleureusement avec de l'Absinthe ! Le rendu de leur lettrage est super propre et le perso défonce. Côté scénographie pas grand chose. On sent qu'ils sont plus venus là pour profiter du festival à la cool. Rien qu'en arrivant, ils ont posés les bases. Un flop "Serge" sur les panneaux et une journée de ski. Juste pour le trip. Coup de coeur pour l'esprit et l'accueil. Et le style de la fresque. Avis perso.


Direction les deux derniers crews : Medlakolor et Yote Pression.

Que dire si ce n'est que Medlakolor nous en a mis plein la vue. À peine arrivé, le sacre de Martial commence. Les fumigènes en place, accordés aux couleurs des différents persos de la fresque, (zon fait fort), commencent à cracher leurs poumons. Martial est invité à prendre place devant un des chevaliers de l'Esprit d'Ebouelle habillé d'une cape et d'un masque, (façon teaser) sur un fond sonore fort agréable. Agenouillé, il reçoit le secret de l'Esprit d'Ebouelle avec un signe de ski sur l'épaule et est ensuite invité à festoyer, ainsi que tous les badauds alentours rameutés par le raffût ! Quand je repense à la tronche des clients du resto du 1er étage enfumé et l'air ahuri... bien fendard.




Sur le coup, c'était fait, on avait nos gagnants. Sans penser que derrière il restait encore les gars de Yote Pression. Et là, bah la claque aussi. Mais une bonne gifle.



Helmutt travaillé façon conte à la chat botté, que l'on avait déjà pu voir, surplombe ce qui s'apparente au premier coup d'oeil à une fresque collée. C'est en fait un livre qui raconte l'histoire de l'Esprit d'Ebouelle et fini sur la cène revisitée du teaser ! Ajoutons à ça la structure en carton-bois-papier d'(Helmutt) le chevalier sans tête qui surplombe la rue du haut de ses bons 3 mètres et cela donne un concurrent sérieux pour les chambériens.

D'autant plus qu'un gars du crew - accessoirement pote de soirée - est tailleur de pierre de métier. Vous voyez où je veux en venir... Non il n'a pas taillé une pierre mais le cube de polystyrène fourni par les organisateurs pour en faire une coupe géante contenant une soupe de renard fort épicée : le jägermutt !

Bien attaqué après les bières, l'Absinthe, la gnole (super bonne) de Medlakolor, le jägermutt m'achève. Je profite de cette légèreté pour bien me fendre la poire en voyant Pancarte Man incontrôlable monter sur le toit d'une caisse, mégaphone et bombes en main, pour ... Mouhahaha, on dira rien !


Réunion au Zebra pour les délibérations

Un peu éméché, c'est parti pour une bonne heure de discussion. Avec nos 5 critères, deux crews se démarquent nettement sur l'ensemble de la prestation artistique. Mais nous n'arrivons pas à les départager. Nous décidons de passer un coup de fil à Charles pour savoir si ce serait possible de partager les gains du prize-money en deux. Il hésite puis nous accorde son feu vert, si jamais nous n'arrivons vraiment pas à faire un choix. À force d'argumenter, on en oublie même le road gap. Jusqu'au dernier moment l'ex-aequo nous paraît la meilleure des réponses. Sur les trois juges, deux hésitent pour l'ex-aequo, le troisième tranche.

Pour la deuxième année consécutive Medlakolor remet ça !

On sent la déception du côté de Yote Pression qui monte quand même sur scène. Ils espéraient tellement remporter cette édition. Incompréhension pour certains membres... mais ceci est un autre débat. Le jury a choisi. Yote Pression obtient la deuxième place et a toutes ses chances pour remporter la prochaine édition, à la vue de l'évolution et du travail fourni sur ces deux contest passés. Rendez-vous donc en 2013 !

Finalistes

Medlakolor
Yote Pression
Artefakt

Prix spéciaux

Le crew le plus fou : en fait non, c'est pas un crew...

La prise de tête la plus longue : Poulaié Crew et son lettrage vert au scotch.

La chaleur du sud à la bien : International Gangsta Serge

Épilogue

Accueilli comme des princes, sous un soleil de ouf, ces trois jours passés aux Gets resteront dans les annales. Des tricks, des fresques, du level, des soirées, des meufs, des bastons, des gens complètement fous, des bonnes crises de rires (hein Besss), des traquenards en-veux-tu-en-voilà, une bonne ambiance générale et une organisation au top, bref les ingrédients d'un week-end réussi.

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