« Urban-Culture Magazine : Des grandes feuilles et beaucoup de substance... »


Portrait - Kacem Wapalek

Il existe deux sortes de rappeurs : ceux qui écoutent et ceux qui préfèrent parler. Rendons à César ce qui lui revient de droit, cette maxime ne sort pas de l'esprit de l'équipe d'Urban-Culture. Elle est l'oeuvre de Kacem Wapalek, un emcee à l'ouïe fine qui s'est installé dans un territoire gaulois à la langue trop pendue.

La question de la « régénération » du rap français est sur toutes les lèvres depuis le début des années 2010. Pendant que certains s'enflamment pour les nouvelles têtes d'affiches hexagonales, d'autres grognent leur nostalgie à coups de « le rap c'était mieux avant », sans préciser toutefois avant quoi... Une chose est sûre cependant, le débat est bel est bien présent. Quarante ans après la création du calendrier rapologique, nombre de rappeurs revendiquent un retour à la source et suivent les préceptes d'Afrikaa « Jesus » Bambaataa et de ses fidèles apôtres. Loin de toutes ces préoccupations théoriques, un homme agit seul et librement, multipliant les 16 d'une précision sanglante et les assauts multi syllabiques. Entré dans le monde du rap relativement tardivement, Kacem Wapalek aiguise ses premières armes sur la scène lyonnaise, ville dont il est originaire. Aux côtés du producteur Oster Lapwass et de son Animalerie, il jouit d'une belle popularité dans le 69 et les départements alentours. Il participe à la plupart des évènements rap de la région et impressionne à chacun de ses passages. Parfois slameur, rappant sur des instrus tantôt jazz, tantôt funk, ou accompagné d'un simple piano, Kacem Wapalek explorent toutes les ambiances. Il définit d'ailleurs le rap comme « la musique de toutes les musiques ». Appuyé par des fidèles de plus en plus nombreux, le territoire du « candide » Kacem, comme il aime se décrire, allait bientôt s'agrandir.

C'est en 2009 – an 36 pour ceux qui suivent - que Kacem le Conquérant commence à faire parler de lui au-delà de sa contrée d'origine. Il poste pendant l'Eté « Pas de doute » sur Internet, un freestyle sur lequel le MC lyonnais harcèle l'auditeur à coups d'allitérations qui font s'entrechoquer les consonnes pendant près de trois minutes d'une délicate violence auditive. On y découvre un artiste sincère, se déplaçant sur l'instru tel un funambule à l'aide de son flow acéré. Mais cette vidéo n'était que le début d'une entreprise d'occupation qui allait nous mener jusqu'à l'apogée de l'Empire Wapalekien.
An 2012. Kacem décide de prendre les choses en main et lance un coup d'état phonique qui présage le sommet de son ascension. Il y délivre, entre autre, ses incompréhensions face au fonctionnement du milieu et interpelle ses compères de micro. « Assume-toi ! Dis MON rap, MA vision, MA définition ». Un pamphlet rageur et plein d'espoir qui compte près de 900 000 vues aujourd'hui.

Depuis l'année dernière, Kacem Wapalek annonce un album qui peine à voir le jour. Car si les conquêtes sont forcément semées d'obstacles, le membre du team Lapwass ne cherche pas à se faciliter la tâche. Véritable artiste, dans les sens propre et symbolique du terme, il tient plus que tout à son indépendance artistique et favorise une production artisanale. En suivant ses pérégrinations sur les réseaux sociaux, on s'attache à un artiste dont les coups de gueule font réfléchir et qui s'efforce de rester loyal à ses principes coûte que coûte. A la manière d'Alexandre, Wapalek le Grand ne craint pas l'adversité. Elle le galvanise, le déprime parfois, mais nul doute qu'il réussira un jour à porter l'estocade finale dans le paysage musical français.

Photo en page d'accueil : http://www.titiphoto.net

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