« Urban-Culture Magazine : Des grandes feuilles et beaucoup de substance... »


Rencontre avec ZAG - L’histoire d’une « Parisienne »

ZAG peint depuis longtemps, et graffe depuis une vingtaine d'années. Son support de prédilection ? Les escaliers, car ils se prêtent particulièrement à sa spécialité, les anamorphoses. De Morlaix à Saint-Germain, ZAG raconte l'histoire d'une « Parisienne ».

ZAG - La Parisienne - Saint GermainZAG - La MorlaisienneZAG - Op 5th November

 

Cette mystérieuse jeune femme, c'est Sia, sa muse, à qui le peintre est très attaché, ensemble ils construisent leur vision du monde. Grâce à elle, il apporte une touche de poésie et de féminité dans le monde du street-art.

ZAG - La Parisienne - Plaisance« Elle est ma muse mais comme la définition est très suggestive quand on ne le vit pas, je peux te parler un peu d'elle, qui elle est. Une femme au charisme incontestable qui derrière une soif de vivre dans un monde idealisé, est avant tout une femme qui porte les traces d'un très lourd passé. Le genre d'histoire incroyable à laquelle on a du mal à croire, de nos jours. Son combat est toujours le même, sans relâche, mais se battant contre un monde d'indifférence... Car les drames dérangent la société. Je ne peux pas évoquer pour elle tout ce lourd passé mais il y a quelques pistes sur la toile. Quant à ma rencontre avec Sia, c'est le résultat d'un échange subtil et idéaliste où l'on s'apporte l'un l'autre, l'énergie nécessaire pour croire à ce monde idéal. Une sorte de poésie contemporaine s'accordant au pragmatisme brut d'une société sans repère idéaliste. Nous sommes unis dans tous nos projets par une relation où l'amour est le combustible et où la muse et le peintre font référence à la poésie d'une époque révolue... Tout comme j'existe grâce à l'inspiration qu'elle m'insuffle, je la fais vivre par mes peintures pour qu'elle survive à l'indifférence. Imagine sur ce constat ce qu'elle peut ressentir à chaque fois qu'une de mes oeuvres est effacée ? Car c'est son histoire que l'on efface... Je ne sais pas si cela est important comme demarche mais pour nous ca l'est. Cela amène une touche de poésie dans l'univers du street-art où les revendications sont toujours frontales et "masculines". Une touche féminine. »

Sauf que voilà, on oublie trop souvent que les supports des œuvres de la rue appartiennent à quelqu'un. Pour rappel, le code pénal interdit « la destruction, la dégradation, ou la détérioration d'un bien appartenant à autrui », et « le fait de tracer des inscriptions, des signes ou des dessins, sans autorisation préalable, sur les facades, les véhicules, les voies publiques ou le mobilier urbain ». Inutile de préciser qu'un street artiste ne demande pas systématiquement l'accord à qui de droit pour exercer. Et Zag en a fait l'expérience à Morlaix, après un rappel à la loi, il a du effacer son œuvre lui-même. À Paris, la RATP s'en est rapidement chargée.

Mais qui est ZAG ? Un artiste contestataire, et non provocateur, qui exprime l'art au 21ème siècle : librement. Avant, les mécènes commandaient des œuvres, aujourd'hui des artistes comme Zag ont pour simple but de se manifester et de laisser le public comme seul juge. Et à Morlaix, la pression de la foule lui a permis de rencontrer des élus, et de créer une nouvelle œuvre, à la Manufacture des Tabacs.

« Tout est bon quelque soit le message revendiqué ce qui doit être mis en avant c'est ce qui se fait dans la rue »

Internet et  les médias ont permis à une poignée d'entre eux d'être mondialement reconnus, comme Banksy, pour n'en citer qu'un. Chez Drouot, une de ses œuvres s'est même vendue à 128 100 euros. Un record en France pour l'artiste et un comble pour un artiste de la rue.
C'est d'ailleurs cette division entre les « puristes » et le mouvement récupéré par le web que regrette Zag, pour qui le graff est une réelle revendication contre l'autorité. Selon lui, Banksy utilise un système de buzz qui lui a permis de faire sortir de l'ombre des artistes auparavant peu reconnus, mais le risque de l'attrait financier est une réelle menace pour un art qui a grandi sur les bus, les métros, les trottoirs…

« Car malgré le récent intérêt des médias pour eux, on continue de détruire des temples du graff, à New York et en France. »

Alors s'il est interdit de « détériorer » du matériel public, qu'en est-il des œuvres ?  En 1993, Pierre Pinoncelli pissait dans l'urinoir de Marcel Duchamp, la justice lui a demandé 336 366, 80 Francs pour « dégradation volontaire d'un monument ou objet d'utilité publique ». Et pour Zag ? À la naissance du tag dans les 1970's, le maire de New York qualifiaient ces criminels de « lâches instables », peut-être que les choses n'ont pas tant évolué…

Réagissez !

CSS

Blanc
Noir

Sans cadre
Avec cadre

Full Exit
Who
Top