« Urban-Culture Magazine : Tour de rue »


We Are All The Same - Une leçon d'humanité, un message de paix

Hier soir, comme beaucoup d'autres soirs, j'ai mis mon short à fleurs et j'ai commencé à surfer sur mon PC, à mater les réseaux sociaux, les vidéos du jour et j'ai checké mes mails… J'avais reçu un mail d'Axel, qui me disait de regarder une vidéo intitulée WAATS, j'ai directement pensé : « Ah ouais, ça va être un truc que j'ai sûrement déjà vu sur les émeutes afro-américaines dans les années 60... », avant de percuter que ce n'était pas Watts, le quartier de Los Angeles, mais WAATS, initiale de We Are All The Same… Donc j'ai cliqué et j'ai pris la claque de l'année 2014... J'ai remis la vidéo environ cinq six fois de suite, puis-je vous avouer que j'ai été bouleversé ?

We Are All The Same

À l'origine de ce tableau visuel, c'est ANKOM DREAMS, Marie-Anne et Dikom aka « l'association de deux esprits aimant l'art et la photographie » pour ne pas les citer.

Leur vision très conceptuelle de la photographie m'a fasciné et en fascinera d'autres, notamment pour la richesse et l'originalité des thèmes qu'ils développent. Ainsi, on peut croiser dans leur galerie, à mi-chemin entre la photographie de mode et l'artistique, des inspirations afro ou asiatique (spécial kif pour Bushido), des sujets plus « aériens » (Long hair don't care ou I promised you smoke) et d'autres, plus imaginatifs et atypiques les uns que les autres.

Seulement voilà, l'un de leur cliché est titré « We are all the same » et met en scène six hommes, l'un d'entre eux, au milieu, faisant contraste de part son albinisme; tous ont le regard porté vers l'objectif avec cet air de dire : « 'y a un problème ou quoi ? ». Quand j'ai vu cette photo, moi le métis, j'ai ressenti tout le malaise de la société. Un noir que la génétique a décidé de blanchir, différent, au milieu de ses pairs. Comme si en regardant cette photo, on remettait en cause tous nos regards malhabiles envers la différence depuis notre naissance. C'est de cette photo qu'est directement inspiré le court-métrage WAATS.

J'en reviens donc à mon premier visionnage, j'entre dans le truc dès les premières notes, les premières images… Je suis tellement dedans que c'est déjà fini, je reste sur le cul, je viens d'entendre et de voir le cri de rage de la différence en personne… 'faut que je me le remette, encore et encore, que je décortique les lyrics de J Prophet parfaitement posées sur l'instru du beatmaker Ouz'one… 'Faut que j'revive cette alchimie entre message, images et musique… « Am i just another freak to you? », voila comment débute le texte, s'en suivent des questions/réponses, des métaphores émouvantes ponctuées par un discours revendicatif, pour finalement se conclure par un « I am you » : une pure invitation à la prise de conscience… L'ensemble est poignant, le flow du rappeur/poète, gorgé d'émotions, illumine les images fortes du réalisateur Dabo Premier Kadima.

Malgré les tensions actuelles, les guerres de lobbys, les attaques à la liberté d'expression et j'en passe, le couple et duo Ankom Dreams nous délivre, à travers ce court-métrage, un message de paix, un appel à l'acceptation de son voisin, au-delà des différences.

« We are all the same » (traduisez : « Nous sommes tous les mêmes », pour ceux que le collège aurait lassé…), une phrase simple mais remplie de sens, devenu donc un concept, une série de photos, puis un « vidéo-clip » dirigé par Marie-Anne et Dikom; De fil en aiguille, leur travail sur cette idée a donc donné naissance à la mise en mouvement d'un credo, d'une conviction.

Affidé Iswriting

Une magnifique leçon de vie pour certains, j'ose espèrer, une remise en question pour d'autres.

Pour en savoir un peu plus sur le duo ANKOM DREAMS

Facebook Ankom Dreams

Tumblr Ankom Dreams

Interview d'Ankom Dreams sur Dame D'Olive

Ankom Dreams - Les particules complémentaires

Une autre interview

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